Qui paye l’hébergement ?

En établissement pour personnes âgées, l’hébergement désigne la part du séjour qui couvre le gîte, le couvert, l’entretien du linge et les charges courantes. C’est le poste le plus lourd sur la facture d’un résident en EHPAD, et c’est aussi celui dont le financement repose le plus directement sur la personne hébergée ou sa famille.

Trois composantes de la facture en EHPAD : distinguer hébergement, dépendance et soins

La tarification d’un EHPAD se découpe en trois sections. Les confondre revient à mal estimer qui paie quoi.

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La section soins couvre les dépenses médicales collectives de l’établissement : actes infirmiers, produits pharmaceutiques de base, matériel médical. L’Assurance maladie finance cette enveloppe directement auprès de l’établissement. Le résident n’avance rien sur ce volet, sauf dans les structures en tarif soin partiel où il règle ses consultations externes comme à domicile.

La section dépendance correspond à l’aide apportée pour les actes de la vie quotidienne (toilette, repas, déplacements). Son montant varie selon le degré de perte d’autonomie du résident, évalué par la grille GIR. Le département participe via l’APA en établissement, mais un ticket modérateur reste à la charge du résident.

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La section hébergement, elle, n’a rien de médical. Elle regroupe la chambre, la restauration, le ménage, le blanchissage, l’animation et les charges locatives. C’est le résident qui paie l’hébergement, sur ses revenus propres. Ni l’Assurance maladie ni l’APA ne couvrent ce poste.

Jeune femme comparant des offres d'hébergement web sur un écran dans un espace de coworking

Tarif hébergement en EHPAD : ce que paie le résident chaque mois

Le tarif hébergement varie fortement d’un département à l’autre et selon le statut de l’établissement (public habilité à l’aide sociale, privé associatif, privé commercial). Dans les établissements habilités, le tarif est encadré par le conseil départemental. Dans le secteur commercial non habilité, l’établissement fixe librement ses prix.

Le résident règle ce tarif sur ses ressources personnelles : pension de retraite, revenus du patrimoine, épargne. Si ces ressources ne suffisent pas, plusieurs mécanismes peuvent intervenir, dans un ordre précis.

Obligation alimentaire des proches

Le code civil impose aux descendants (enfants, petits-enfants) et aux gendres et belles-filles une obligation alimentaire envers leurs ascendants dans le besoin. Concrètement, le département ou l’établissement peut demander aux proches de contribuer au paiement de l’hébergement lorsque les ressources du résident sont insuffisantes.

Le montant de cette contribution est calculé en fonction des ressources et charges de chaque obligé alimentaire. Le juge aux affaires familiales peut être saisi en cas de désaccord.

Aide sociale à l’hébergement (ASH)

Lorsque ni le résident ni ses obligés alimentaires ne peuvent couvrir la totalité du tarif, le département peut accorder l’aide sociale à l’hébergement. L’ASH ne concerne que les établissements habilités à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale.

Le résident verse alors la quasi-totalité de ses revenus à l’établissement (un minimum lui est laissé pour ses dépenses personnelles). Le département complète la différence. L’ASH est récupérable : le département peut se rembourser sur la succession du résident après son décès.

  • Le résident contribue en priorité sur ses revenus propres (pension, patrimoine)
  • Les obligés alimentaires sont sollicités si les revenus du résident ne suffisent pas
  • Le département intervient en dernier recours via l’ASH, uniquement en établissement habilité
  • L’ASH est récupérable sur la succession du bénéficiaire

APL, ALS et réductions fiscales : alléger la charge d’hébergement

Deux aides au logement peuvent diminuer le reste à charge sur la part hébergement. L’allocation personnalisée au logement (APL) s’applique si l’établissement est conventionné. À défaut, l’allocation de logement sociale (ALS) peut être versée. Ces aides sont calculées selon les ressources du résident et le montant du tarif hébergement.

Ces allocations sont modestes par rapport au coût total, mais elles viennent directement réduire la somme facturée au résident ou à sa famille.

Sur le plan fiscal, les frais d’hébergement en établissement pour personnes dépendantes ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu pour le résident. Les enfants qui participent financièrement au titre de l’obligation alimentaire peuvent, de leur côté, déduire ces sommes de leur revenu imposable.

Expérimentation 2025 : la fusion soins-dépendance change la donne

Une évolution récente modifie la structure du reste à charge. Dans certains territoires, une expérimentation issue des lois de financement de la Sécurité sociale fusionne les budgets soins et dépendance en un seul bloc financé par les pouvoirs publics. Le résident ne paie plus un tarif dépendance variable selon son GIR, mais une participation forfaitaire fixée à 6,10 euros par jour à compter du 1er juillet 2025.

L’hébergement reste à la charge du résident, mais cette réforme stabilise la part dépendance et la rend prévisible. Pour les familles, la lisibilité de la facture s’améliore : la composante hébergement devient plus clairement identifiable comme le poste principal restant à financer sur fonds privés.

Deux collègues discutant du budget d'hébergement web devant un tableau blanc en salle de réunion

Dans les établissements habilités à l’aide sociale, le surcoût par rapport au tarif social est désormais juridiquement plafonné, ce qui limite les dépassements sur la part hébergement facturée aux résidents non bénéficiaires de l’ASH.

Hébergement à titre gratuit : un cas différent, des obligations déclaratives

La question « qui paie l’hébergement » se pose aussi hors EHPAD, dans le cadre de l’hébergement à titre gratuit. Toute personne, propriétaire ou locataire, peut héberger un proche sans loyer. Aucun bail n’est requis, mais des formalités s’imposent.

  • L’hébergé doit déclarer sa situation aux impôts et, le cas échéant, à la CAF pour le calcul de ses droits (RSA, APL)
  • L’hébergeant peut voir sa taxe d’habitation ou ses charges fiscales modifiées
  • Une attestation d’hébergement à titre gratuit est souvent demandée pour les démarches administratives de l’hébergé

L’hébergement gratuit ne donne lieu à aucun paiement de loyer, mais il a des conséquences sur le calcul des aides sociales et sur la fiscalité des deux parties.

La réponse à la question dépend donc du contexte. En EHPAD, c’est le résident qui paie l’hébergement sur ses revenus, avec un relais possible de la famille puis du département. En hébergement gratuit chez un particulier, personne ne paie de loyer, mais les deux parties assument des obligations déclaratives qui influencent leurs droits et leurs impôts.

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